Matin d’hiver – 2

En sortant de l’immeuble, je m’engouffre dans la nuit habillée de brouillard. L’humidité et le froid n’a pas découragé les oiseaux qui gazouillent déjà. Mes pas résonnent sur les murs des maisons bordant l’allée, le saule pleureur verse toujours ses larmes. Les illuminations accompagnent encore mon trajet vers la gare. Des silhouettes arpentent déjà le quai. Je croise les mêmes visages fatigués tous les matins.

Le train.

Je monte dans le premier wagon pour m’épargner des pas à St Lazare. Je retrouve le couple d’amoureux, elle finit de se maquiller mais au bout de 5 mn après s’être embrassés, ils reprennent leurs habitudes et s’endorment dans leur position sieste…

La plupart des passagers somnolent.

Un jeune homme prend des notes en lisant un livre de Freeman « la composition en photographie » le mien est enfoui dans une carton au garde meuble. Je le relirai volontiers…

Sous les yeux clos des voyageurs semble défiler le film de leurs rêves ou de leurs cauchemars…

Le signal retentit, les portes se ferment, le train hoquette avant de se remettre à glisser sur les rails.

Sur un visage un sourire, rare au petit matin, ce sont surtout les traits tirés qui se dessinent.

Dehors seuls les réverbères et les fenêtres allumées se montrent dans le brouillard épais. Ils forment des halos de lumière dans la nuit.

Dernière station avant st Lazare. Les gens se pressent maintenant dans les allées du wagon dont la température a monté au rythme des arrêts. Les joues rougissent, les odeurs de tabac froid et de parfum bon marché se mêlent de façon peu harmonieuse.

Envie d’enlever mon manteau, mais il n’y a pas la place pour le faire. Mon voisin est profondément endormi et laisse échapper quelques ronflements qui dessinent des sourires sur les visages.

Saint Lazare

Le train recrache ses voyageurs sur le quai.

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