Balade en Rennes – Lania

Bavardage, Promenade, Rencontre 1 Petit mot;
Il était prévu « rendez vous devant Truffaut à 11h30 » des échanges virtuels depuis 8 ans et enfin une vraie rencontre!
Nous nous sommes reconnues au premier regard et nous voilà parties comme si nous nous connaissions depuis toujours pour une balade en Rennes.
D’abord un parc dont les arbres cherchent l’eau puis un voyage en bus jusqu’à une sorte de soucoupe volante à facettes dans lesquelles se reflète la ville de Rennes.
Cet étrange engin met les nuages en cage ou derrière des barreaux…
Nous entamons alors une errance dans les rues rennaises…
Nous croisons deux plumeaux sur un balcon, un trottoir paré de dentelles,
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et l’ombre d’un Parthe perdu en notre siècle…
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Le ciel est peuplé de grues en mouvement, l’une d’elle tente d’approcher un manoir, une autre capture un nuage..
Les lignes électriques zèbrent le paysage tandis qu’une cheminée accouche d’un tube doré perché au sommet d’une fusée prête au départ.
Les ombres jouent tantôt avec les grilles , tantôt à un décor de la Riviera.
Une maison en ruine joue au château de la belle au bois dormant entouré de lianes tricotées dans les grilles.
Tandis qu’une vigne vierge fait l’équilibriste sur un câble, la rivière imite la roue d’un paon .
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Et là nous observons avec étonnement l’apparition d’un radis géant.
Nous déambulons ensuite sur un grand boulevard, des crayons soutiennent des mantilles et seuls les dalmatiens sont conviés dans cet espace surveillé par un pantalon ceinturé…
Les réverbères s’alignent à notre passage vers les écluses et nos ombres entament un dialogue.
Les murs et les rues sont décorées de mousse ou de vagues.
Un oiseau étrange nous surveille et les fenêtres tordues se renvoient leurs images. Notre périple nous même à la minuscule galerie et à la librairie accolée, thé et bavardages jusqu’à l’heure du départ.
Bien jolie journée avec Lania!

Balade en Rennes – Martine

Bavardage, Promenade, Rencontre 1 Petit mot;

C’est Tom-Tom qui m’a guidé chez Martine, dans une rue sans numéro. Arrivée dans sa rue qui ressemblait à une petite route de campagne (en plein Rennes!) je l’appelle,… « continue tout droit, quand tu verras une maison jaune je te ferai signe par la fenêtre! » Oui je la vois avec un grand sourire et des grands gestes des bras. Toujours étonnant de rencontrer quelqu’un qui, en deux minutes vous fait penser que l’on se connait depuis toujours!

Nous avons parlé de nos vies, de nos enfants… de tout, de rien…

Une promenade rennaise s’en est suivi en commençant par le métro qui nous a mené Place Sainte-Anne en plein travaux .

La place cache derrière les palissades un trou béant au pied de l’église qui semble tenir encore debout par miracle.

Ce vieux centre de Rennes est un peu sinistré, les vieilles maisons sont en triste état et sont parfois recouvertes de filets protecteurs.

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Le couvent des Jacobins a perdu son toit et une déclaration est dessinée sur un mur jaune.

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Un couple s’est caché au dessus d’une porte et notre promenade est ornée de graffs, de jolies taches de rouilles .

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L’ombre d’une enseigne indique le chemin vers un passage puis vers la minuscule galerie… le rendez-vous des rennaises?

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Dans une rue menant au parlement de Bretagne dont les pierres sont travaillées de façon étrange,  un échafaudage s’est habillé de rouge.

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Derrière un portail rouillé un chat garde une maison à l’escalier de bois.

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Une porte en bois n’aime pas les tags et une fenêtre de bistrot me regarde droit dans les yeux .

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Un Mickey fronce les sourcils et un papillon de nuit se bat contre les rayons du soleil qui transpercent les vitraux de Sainte Melaine.

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Un fauteuil gardé par un chevalier nous tend les bras mais un diner m’est proposé par Martine…

Retour vers la maison jaune, diner dans le jardin et promesse de se revoir… avec grand plaisir!

 

Instantanés

Bavardage Laissez un mot

En sortant du métro, je suis happée par une odeur de gasoil échappée de la voiture qui démarre en trombe au feu tout proche. Je suis en bas de la rue de Ménilmontant qui semble m’attendre avec ses personnages et son décor qui font penser à une pièce de théâtre improbable.
Une jeune fille en short cherche au fond d’un grand sac élimé, sans doute un briquet pour allumer le pétard qu’elle tète entre ses lèvres…
J’avance, l’œil ouvert comme une caméra…
Devant moi, un homme au cul de son camion ouvert met en bouquet des brins de menthe et de coriandre qui se fanent à même le sol du véhicule, je ne peux m’empêcher de penser au devenir de ces bouquets, finissent-ils dans la cantine chinoise juste à coté ? C’est un restaurant chinois atypique, il ressemble à une salle à manger de refuge de montagne avec bancs et table de bois de sapin. Les clients attablés ont l’air d’apprécier …

Le parfum des herbes s’est évaporé en passant devant un salon de coiffure d’où sort une odeur de cheveux brulés. Les coiffeuses ont tenté en ouvrant les portes de devant et d’arrière cour, de faire un courant d’air pour atténuer le souffle chaud des sèches-cheveux.

Je progresse dans la rue, la chaleur étouffante ralenti mes pas.

Une odeur d’égout maintenant saisit mes narines alors que je passe devant une boucherie. J’espère qu’il n’y a aucun lien entres elles…

L’étal du marchand de fruits et légumes accolé à la boucherie me fait oublier l’odeur désagréable grâce à ses melons bien mûrs dont le parfum sucré m’emporte vers des vacances à Cavaillon, même si aucun grillon ne pousse sa chansonnette.

Un courant d’air frais, à l’ouverture des portes d’un supermarché sans doute climatisé, me sort de mes rêveries, même si le cours d’eau qui coule dans les caniveaux tente de m’entraîner vers d’autres souvenirs…

Cette fois, c’est une odeur d’huile de friture trop usée qui me fait presser le pas sur quelques mètres.

Je m’arrête au croisement d’une rue désertée dans laquelle un vieux matelas s’appuie mollement sur un mur , il est accompagné d’une chaise de bureau qui baigne ses pieds dans l’eau d’un caniveau. Couleurs fades dans cette rue seule une femme voilée en vert de la tête aux pieds apporte une note colorée.

Je continue la montée de la rue et suis surprise de découvrir une épicerie fine dans laquelle des sacs d’épices diffusent des odeurs un peu pales. Le son d’une télé en turc dans un bar turc, baies grandes ouvertes me ramène à la réalité bruyante de la rue tandis que le bistrot de la laverie exhibe des pictogrammes d’entretien de vêtements.

Des personnages vont et viennent, une vieille femme en short et en baskets multicolores bordées de doré croise un juif tout de noir vêtu avec chapeau et ceinture de prière.

Une ancienne boutique de miroiterie dont la vitrine ne tient plus que grâce aux affiches collées dessus, s’appuie sur son coté gauche sur un portail rouillé et également décoré également d’affiches.  Il cache l’entrée d’un lieu en friche ou doit se cacher la faune « sauvage » du quartier.

Au milieu des immeubles qui n’ont plus ou pas d’âme , une petite maison attire mon regard, elle dissimule derrière elle la cité de l’ermitage, une toute petite ruelle bordée de maisons cachées derrière de la verdure, elle m’appelle  pour la visiter, non, un verre d’eau gazeuse bien fraiche m’attend dans un bar…

Juste avant d’entrer dans le bistrot, une petite fille, dans une voiture rouge qui s’arrête devant moi, me regarde et me sourit…

Bruits d’un jour

Bavardage, Breve de transport 1 Petit mot;

La sonnerie du réveil me fait bondir d’un coup pour ne réveiller personne. Je marche à pas feutrés vers la douche, un très léger grincement lorsque je tourne le robinet, et le bruit de l’eau dans la douche et  sur mon corps me fait penser aux grosses pluies d’orage, quelques pas dans le reste  d’eau… ploc… La serviette chuchote  pendant que je me sèche les cheveux et le corps. Éviter par contre de laisser les portes de l’armoire se faire entendre.

Le glissement des vêtements sur la peau parle dans un souffle… toujours à pas feutrés vers la cuisine. La porte du frigo pousse un soupir à l’ouverture, dehors un chat miaule et les pas du voisin commencent à se faire entendre. La cuillère tinte quand je la pose dans l’évier et le battant de la poubelle se remet en place avec un bruit mat.
Le trousseau de clé dans ma poche tinte lorsque je mets mon manteau, surtout ne pas claquer la porte, la première fait un bruit un peu sourd tandis que la seconde cliquette…
Presser le pas, je suis un peu en retard, les talons débutent le solo de batterie qui varie selon les sols, le bitume, le pont, les dalles de ciment, les briques et résonnent plus ou moins fort selon l’éloignement des murs des immeubles, en écho, les pas d’autres personnes démarrent les uns après les autres, certains sont plus atténués (chaussures de sport ou semelles de crêpe?)
La résonance se renforce au passage sous un immeuble.
Le saule pleureur a séché ses larmes, les oiseaux accompagnent mon trajet comme s’ils étaient au printemps!
La gare, je ralentis, comme si la mélodie s’apaisait. Mes pas sur le quai crissent sur le sable déposé lorsqu’il neigeait. Ça et là quelques personnes parlent ou laissent échapper de leurs écouteurs les restes de leurs musiques. Le train arrive et s’arrête devant moi dans un crissement de freins. Le signal de la porte va s’égrainer comme un refrain tout au long du trajet. Les passagers ne sont pas très bruyants, une sonnerie de portable, une fermeture éclair qui glisse, une page de carnet qui tourne; une toux, un raclement de gorge, un bâillement… le bruit de la porte.
Les roues du train scandent la mélodie accompagnées du grincement des freins. C’est dans un grand soupir que le train s’immobilise  gare St Lazare. Les passagers produisent avec leurs talons, comme les claquements de doigts d’une grande chorale qui s’amenuisent lorsqu’ils s’éparpillent.
Mes talons tapent sur le bitume puis sur un sol  recouvert de bois qui produit un son plus mat, escaliers, tac, tac, tac…
Escalators, grincements et bruits métalliques, les tourniquets scandent le passage des voyageurs et les portes s’ouvrent en soupirant. Métro, les roues tantôt grincent, tantôt grondent, le signal sonne à nouveau comme un refrain. Les conversations ressemblent à des chuchotements, les écouteurs diffusent des sons déformés. Une sonnerie de téléphone accompagne un grincement.
Un SDF dit un texte qui ressemble à une chanson misérabiliste des années 30, il chantonne presque dans l’indifférence. Les portes soufflent, le signal retentit, les portes claquent, le métro souffle et grince.
Un quai, escaliers, tac, tac, tac…
Un escalier roulant qui  crie et à nouveau le ciel qui commence à peine à s’éclaircir, les oiseaux gazouillent. Mes pas sur le marbre du hall et je suis aspirée dans un souffle par l’ascenseur du bureau.

Matin d’hiver – 2

Breve de transport Laissez un mot

En sortant de l’immeuble, je m’engouffre dans la nuit habillée de brouillard. L’humidité et le froid n’a pas découragé les oiseaux qui gazouillent déjà. Mes pas résonnent sur les murs des maisons bordant l’allée, le saule pleureur verse toujours ses larmes. Les illuminations accompagnent encore mon trajet vers la gare. Des silhouettes arpentent déjà le quai. Je croise les mêmes visages fatigués tous les matins.

Le train.

Je monte dans le premier wagon pour m’épargner des pas à St Lazare. Je retrouve le couple d’amoureux, elle finit de se maquiller mais au bout de 5 mn après s’être embrassés, ils reprennent leurs habitudes et s’endorment dans leur position sieste…

La plupart des passagers somnolent.

Un jeune homme prend des notes en lisant un livre de Freeman « la composition en photographie » le mien est enfoui dans une carton au garde meuble. Je le relirai volontiers…

Sous les yeux clos des voyageurs semble défiler le film de leurs rêves ou de leurs cauchemars…

Le signal retentit, les portes se ferment, le train hoquette avant de se remettre à glisser sur les rails.

Sur un visage un sourire, rare au petit matin, ce sont surtout les traits tirés qui se dessinent.

Dehors seuls les réverbères et les fenêtres allumées se montrent dans le brouillard épais. Ils forment des halos de lumière dans la nuit.

Dernière station avant st Lazare. Les gens se pressent maintenant dans les allées du wagon dont la température a monté au rythme des arrêts. Les joues rougissent, les odeurs de tabac froid et de parfum bon marché se mêlent de façon peu harmonieuse.

Envie d’enlever mon manteau, mais il n’y a pas la place pour le faire. Mon voisin est profondément endormi et laisse échapper quelques ronflements qui dessinent des sourires sur les visages.

Saint Lazare

Le train recrache ses voyageurs sur le quai.

Matin d’hiver – 1

Breve de transport Laissez un mot

6h30, nuit noire, plus un flocon de neige, ils ont tous fondu! Chapeau enfoncé sur la tête, c’est Roberto (Fonseca) qui m’accompagne. Le saule pleureur porte bien son nom ce matin, chaque branche s’égoutte en scintillant. Même les grillages veulent ressembler aux illuminations de noël en collectionnant les perles d’eau le long de leurs trames.

Les réverbères se regardent dans les flaques d’eau. Quelques passants suivent le chemin de la gare. Zamazu, je suis sur le quai, mes pieds dansent et mes doigts accompagnent les notes de piano. Une jeune femme noire semble écouter la même musique que moi… elle danse en riant devant son ami.

Le train entre en gare.

Dans le wagon, je me retrouve à coté d’un jeune couple que je vois tous les matins. Ils ont comme un rite tous les jours…. Ils sont assis face à face, ils sont très amoureux, s’embrassent puis elle installe son sac puis son manteau plié sur les genoux de son compagnon, il met ses mains ouvertes sur ce coussin improvisé et elle y dépose sa tête. Elle semble s’endormir rapidement, il regarde son visage encadré de cheveux longs noirs de jais puis s’endort à son tour la tête enserrée dans un bonnet contre la vitre..

A la station suivante, une jeune femme d’origine asiatique s’installe face à moi, elle sort son iphone, lit et répond à ses mails. Sur ses genoux un sac orné d’une broderie pour enfant représentant une peluche et une cocotte en papier…. elle surfe sur facebook.

Roberto égraine les notes dans mes oreilles. envie de sourire.

Dans le métro bondé, un homme grand, cheveux blancs, la cinquantaine siffle puis se met à parler à son voisin, il parle fort, les gens tendent l’oreille, ils s’invectivent sur la police en France, sur les Belges (le premier se dit originaire de ce pays). La conversation bruyante se partage entre humour belge, frites et moules… des sourires s’invitent sur les visages des passagers. Petite parenthèse dans leur trajet quotidien…

La buée a recouvert les vitres. J’observe… casquette blanche, bonnet rouge, cheveux poivre et sel, bonnet en jacquard, capuche rayée, cheveux permanentés ou décolorés… les uns s’assoupissent, d’autres ont le regard qui flotte, certains semblent pensifs et d’autres encore sont absorbés par leur lecture ou leur téléphone. Chacun porte sur son visage un destin…

La rame se remplit, elle est bondée lorsque St Lazare se rapproche. Chacun se rhabille et se prépare à sauter….

Le rendez vous…

Breve de transport Laissez un mot

Dans le RER en plein jour. Tout paraît plus vivant même si la neige a jeté un léger manteau blanc sur le paysage. Le soleil se cache derrière un voile de brume qui recouvre les champs et les villes. Près de moi un homme chapeau enfoncé sur les sourcils, somnole.

Plus loin une mère fait grimaces et sourires à son bébé installé dans un nid de couvertures au creux de sa poussette.

Deux jeunes femmes bavardent, elles passent en revue leurs amies… pleines de défauts…

Je distingue au loin par la vitre la tour Eiffel noyée dans du coton tandis qu’un rayon de soleil chauffe le sacré-cœur.

Le bébé se met à pleurer au moment où l’on rentre sous terre. Le RER stoppe entre les stations. Le chauffeur est d’humeur taquine:  « nous sommes arrêtés car un train est déjà à quai et on ne peut pas le doubler… » Il réussit ainsi à accrocher aux visages fermés quelques sourires.

L’homme au chapeau se rendort.

Le bébé est maintenant installé sur les genoux de sa maman qui tente de le calmer. Il a une bouille toute ronde et des yeux comme des billes, il passe des larmes au rire en jouant avec les mains maternelles.

Mon voisin est absorbé par un jeu sur son iphone qui servait un instant avant à se chamailler avec son amoureuse.

Un jeune noir tout en jambe veste en cuir et capuche enfoncée sur sa tête se cramponne à son téléphone…

Udame rerne femme montée à la dernière station s’installe face à moi, elle ne montre que le bout de son nez en trompette emmitouflée sous son bonnet, son col roulé est remonté sur ses joues et son col de fourrure encadre le tout…..

Les passagers montent et descendent, j’ai devant moi comme une pièce de théâtre, les acteurs sortent et entrent, tantôt coté cours, tantôt coté jardin…Les uns avec des sac de soldes, les autres fatigués de leur journée de travail peut-être…

La mère rhabille son bébé pour descendre à la prochaine station.

Auber.

Un couple d’amoureux passe dans l’allée en se tenant la main.

Chatelet, les acteurs, je veux dire les passagers ont rajeuni.

Une femme en boubou lamé vient s’asseoir près de moi, une jeune femme gothique affublée de piercing s’assied sur les genoux d’un jeune homme blond platine.

Les chassés-croisés continuent.

Un nouveau couple près de moi, ils se regardent dans les yeux, forcément seuls au monde, ils s’embrassent

Gare de Lyon.

C’est à mon tour de sortir de scène, escalator, mon train est à quai, le signal sonore retentit, je cours et saute au moment ou les portes se referment.

Dehors, le manteau neigeux est plus épais, seuls les rails tracent des traits noirs sur le sol blanc.

Maisons-Alfort

Je me presse sans oser courir, les trottoirs sont tapissés d’une croute de neige tassée.

Devant chez Isabelle, le code, l’interphone, sa fille est là, ascenseur, 4eme étage, je prends ma lettre, je ne m’attarde pas. Toujours comme on marcherait sur des œufs, je me dirige vers l’arrêt du bus qui arrive, je cours encore cette fois. Je profite de la chaleur du 181 pour me réchauffer un peu.

École vétérinaire, métro ligne 8, prochaine rame dans 1mn.

Un homme grand chapeau melon, cramponné sur un long parapluie noir me tourne le dos. Il monte dans le même wagon que moi, c’est un grand noir, la cinquantaine, il porte sous son bras un très élégant porte document en croco doré qui tranche avec sa veste chinée noire, sa chemise à carreaux et sa cravate aux motifs cachemires… il descend à Liberté au moment où une jeune fille aux cheveux roses coiffés d’une chapka saute au cou de son petit copain.

Porte dorée, je sors.

La statue d’or est habillée de blanc.

Passer à la banque, puis replonger dans le métro. Une jeune femme à l’air timide, cheveux courts style coupe au bol, porte sur ses genoux une pochette transparente dans laquelle se cachent des photos et un sac imprimé d’un motif imitant une radio comme celle que portent parfois sur leurs épaules, des jeunes aux Halles.

Quelques stations plus loin, un homme monte dans la rame avec un sac du même genre mais représentant  un ampli. nouvelle mode?

Laumière

Un homme style bobo au sourire de séducteur raconte sa vie au téléphone… il parle siège bébé et couches culottes…

Envie de rire…

Ourcq.
17h45 moins de monde à cette heure dans le métro.
Porte de Pantin
se couvrir, il fait très froid..
j’arrive…

La promenade

Bavardage Laissez un mot

Le ciel était  bas et le soleil persistait à ne pas se montrer
La Marne s’écoulait tranquillement parée d’une couleur douteuse…
Le cri des mouettes ne parvenait pas à couvrir le bruit de l’autoroute,
mais mes pensées avaient pris la clef des champs et je n’entendais plus rien….

Je longeais la rive, une petite fille jetait des morceaux de pain dans l’eau,
les canards s’approchèrent accompagnés de deux cygnes
et les mouettes se lancèrent dans un ballet entrecoupé de piqués
Sur une branche un corbeau observait la scène sans bouger.
Même un ragondin tenta de s’emparer d’un bout du festin.
j’en profitais pour lui tirer le portrait, il crut sans doute que je voulais le rassasier
Il tenta une approche vers moi, et un instant, s’il avait été crapaud j’aurai pu croire qu’il voulait… m’embrasser…
La fillette ravie riait…

Un peu plus loin je croisais le regard… d’un arbre
sans aucun doute figé par une quelconque sorcière ou peut-être par celle de la Marne
Il était triste, mais aucun baiser ne semblait pouvoir le réveiller

Je passais mon chemin, croisant une cascade improbable qui se jetait d’un toit.
Et puis soudain les murs se mirent à parler…
L’un disait: « allons crier notre rage sur les murs » et l’autre répondait
« Aimer vous… »
Le dernier racontait qu’Anatole était en désamours....

Une étrange promenade…
Je ne parlerais pas ce soir, du vieil homme qui nourrissait les pigeons
d’un père et de sa fille qui se faisaient des confidences,
de la querelle virulente d’un couple;
de la pie qui voulait défier le corbeau…
De la fleur qui se croyait déjà au printemps…
Du chemin qui s’était perdu…
De la souris qui me surveillait d’un œil..
de la péniche qui rêvait à la mer…
de la mouette qui ne voulait plus voler…

La seule chose que je n’ai pas vue…?
un chat….

La solitude

chanson Laissez un mot
hommage à Georges Moustaki qui a écrit cette magnifique chanson sur la solitude

Pour avoir si souvent dormi
Avec ma solitude
Je m’en suis fait presqu’une amie
Une douce habitude
Ell’ ne me quitte pas d’un pas
Fidèle comme une ombre
Elle m’a suivi ça et là
Aux quatre coins du monde

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Quand elle est au creux de mon lit
Elle prend toute la place
Et nous passons de longues nuits
Tous les deux face à face
Je ne sais vraiment pas jusqu’où
Ira cette complice
Faudra-t-il que j’y prenne goût
Ou que je réagisse?

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Par elle, j’ai autant appris
Que j’ai versé de larmes
Si parfois je la répudie
Jamais elle ne désarme
Et si je préfère l’amour
D’une autre courtisane
Elle sera à mon dernier jour
Ma dernière compagne

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude
Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Les amoureux

Breve de transport 1 Petit mot;

IMG_0267La porte du métro s’ouvre et je les aperçois immédiatement. Lui, grand jeune homme blond assis sur un strapontin isolé dans un coin, il dort. Sur ses genoux, une très belle jeune femme longiligne très noire de peau. Elle dort également, la tête posée sur celle de son compagnon. Parfois l’un des deux ouvre les yeux pour lire le nom de la station et se rendort…
Leurs mains dans un demi sommeil se cherchent et se trouvent puis se perdent et se retrouvent à nouveau.
Il ouvre des yeux bleus très clairs, la regarde et lui caresse le visage mais ses paupières se ferment à nouveau. Station suivante, c’est elle qui ouvre ses yeux noirs, elle baise le front de son amoureux et se laisse une fois de plus happer par le sommeil.
Leur nuit a été sans doute de fête ou d’amour..
Au fil des stations, ils alternent leur vigilance en laissant parler leurs mains…
Ils ne doivent plus être très loin de leur destination, il s’éveille, regarde autour de lui et caresse le visage de sa belle pour la réveiller en douceur. Je les regarde en souriant… Ils sont touchants!
Je ne peux m’empêcher en descendant de la rame de me pencher vers eux et de leur dire: « vous êtes beaux tous les deux!  » Ils ont tourné vers moi des regards étonnés et ont illuminé leurs visages de magnifiques sourires…