La promenade

Le ciel était  bas et le soleil persistait à ne pas se montrer
La Marne s’écoulait tranquillement parée d’une couleur douteuse…
Le cri des mouettes ne parvenait pas à couvrir le bruit de l’autoroute,
mais mes pensées avaient pris la clef des champs et je n’entendais plus rien….

Je longeais la rive, une petite fille jetait des morceaux de pain dans l’eau,
les canards s’approchèrent accompagnés de deux cygnes
et les mouettes se lancèrent dans un ballet entrecoupé de piqués
Sur une branche un corbeau observait la scène sans bouger.
Même un ragondin tenta de s’emparer d’un bout du festin.
j’en profitais pour lui tirer le portrait, il crut sans doute que je voulais le rassasier
Il tenta une approche vers moi, et un instant, s’il avait été crapaud j’aurai pu croire qu’il voulait… m’embrasser…
La fillette ravie riait…

Un peu plus loin je croisais le regard… d’un arbre
sans aucun doute figé par une quelconque sorcière ou peut-être par celle de la Marne
Il était triste, mais aucun baiser ne semblait pouvoir le réveiller

Je passais mon chemin, croisant une cascade improbable qui se jetait d’un toit.
Et puis soudain les murs se mirent à parler…
L’un disait: « allons crier notre rage sur les murs » et l’autre répondait
« Aimer vous… »
Le dernier racontait qu’Anatole était en désamours....

Une étrange promenade…
Je ne parlerais pas ce soir, du vieil homme qui nourrissait les pigeons
d’un père et de sa fille qui se faisaient des confidences,
de la querelle virulente d’un couple;
de la pie qui voulait défier le corbeau…
De la fleur qui se croyait déjà au printemps…
Du chemin qui s’était perdu…
De la souris qui me surveillait d’un œil..
de la péniche qui rêvait à la mer…
de la mouette qui ne voulait plus voler…

La seule chose que je n’ai pas vue…?
un chat….

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